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réflexion autour de l'ORIENTATION PROFESSIONNELLE
L'évolution
actuelle que connaît l'intégration (scolaire, sociale)
des personnes handicapées est encore timide, et malgré
les textes de loi, les difficultés persistent encore
dans l'acceptation de la différence par la société.
Pour les jeunes sourds, l'insertion professionnelle
est trop souvent un combat à mener contre la frilosité
des institutions, des entreprises…
C'est pourquoi L'UNAPEDA (Union Nationale des Associations
de Parents d'Enfants Déficients Auditifs) à organisé
ce week-end de réflexion et d'informations à l'intention
des jeunes et de leurs familles . Ces deux journées
ont permis à 48 participants de plusieurs régions
(Bretagne, Ille de France, Limousin , Nord , Poitou
- Charentes) de se rencontrer puis d'échanger sur
les diverses questions que pose l'accompagnement en
formation, qu'elle soit initiale ou continue.
Le samedi à été
plus spécialement consacré au panorama des diverses
filières proposées par l'Education Nationale (orientations
après la 4ème, la 3ème, le BAC), ainsi qu'aux différentes
possibilités d'accompagnement en cursus universitaire.
Il apparaît que si le parcours semble souvent " fléché
" (par les établissements , entre autres) et à ce
titre semé de difficultés si l'on tente de sortir
des sentiers battus, le choix du jeune - motivé par
ses goûts, ses aspirations, ses aptitudes -doit être
prépondérant dans l'orientation qu'il prendra.
La construction d'un projet doit lui appartenir, et
les solutions existent, pour peu que les familles
disposent de suffisamment d'informations (et de ténacité
dans certains cas). Il est clair malgré tout que le
droit à l'erreur existe pour tous, et les jeunes sourds
ou malentendants n'échappent pas à la règle…
Leurs hésitations ou tâtonnements quand vient l'heure
du choix est aussi compréhensible que pour les autres,
leur rythme d'adaptation et/ou d'apprentissage doit
être respecté. Les flottements dans les cursus des
jeunes entendants sont fréquents, et souvent mieux
acceptés pour eux…
La surdité doit-elle
être une obligation d'excellence ??? Si les familles
doivent effectivement se méfier de certains " aiguillages
" précoces impulsés par les " normes " en vigueur
dans les établissements (les moyens dans les filières)
qui ne correspondent pas obligatoirement aux souhaits
et aux capacités du jeune, il leur faut également
se donner les moyens de construire un autre parcours
.. Le samedi soir a ensuite été studieux pour les
administrateurs de la nouvelle fédération UNAPEDA,
qui ont planché jusqu'à très tard dans la nuit .
Pendant ce temps,
les ados s'offraient jusqu'à minuit une petite soirée
" danse ", au rythme des percussions et des vibrations
des amplis lors d'un concert donné sous la halle "
historique " ( XVIè siècle ) de la place du marché
.
Les interventions
du dimanche matin ont porté sur l'état des lieux des
offres de formation, l'évolution des débouchés dans
les secteurs porteurs ... Les exposés ont démontré
que même si les lois évoluent dans le principe d'intégration
et de l'égalité des chances pour tous (principe de
non discrimination), la dichotomie persiste entre
les directives de l'état et les réalisations sur le
terrain de l'entreprise (publique, privée).
Le taux de chômage des personnes handicapées reste
aujourd'hui une réalité préoccupante ,et dans le champ
de la surdité en l'occurrence, les associations doivent
pouvoir poursuivre leur mission d'expertise, de compétences
particulières dans le suivi " auprès de " et " avec
" les services et organismes de formation et d'insertion.
Le " guichet unique " prévu dans la loi actuellement
en préparation comporte certainement des risques autour
desquels nous devons maintenir la vigilance, si nous
voulons que soient respectés les enjeux de l'accessibilité.
Puis, après une présentation rapide du site " NADOZ
" (www.nadoz.org)
qui répertorie et présente ( contenu des formations
, vidéos de démonstration ..) toutes les formations
professionnelles et technologiques initiales proposées
en Bretagne (du CAP au BTS, DUT) , les jeunes et leurs
parents ont pu écouter et questionner (merci aux interprètes
et à la codeuse) les témoignages de deux jeunes sourds
: Alexandre, 23 ans, cuisinier avec spécialisation
" desserts " et Anne-Sophie, 25 ans , en DESS de psychologie.
Tous deux nous ont exposé leur parcours (éccueils
et difficultés surmontés, efforts et succès) et mis
en évidence que la motivation est le premier moteur
d'une réussite en marche.
Ces deux
journées de réflexion et de détente ont été agréables
pour tous , car les 12 enfants présents ne se sont
pas ennuyés non plus, même sous le ciel " Pi " breton,
donc un peu mouillé .. ! (Merci aux 2 monitrices pour
leur efficacité, à la Maison Familiale et Rurale ,
son Directeur et son cuisinier pour leur accueil)
Elles mettent toutefois l'accent sur la nécessité
pour tous de poursuivre les efforts et le travail
en réseau pour que les jeunes sourds et malentendants
trouvent la place qui leur revient dans le monde du
travail, dans la société, dans la vie tout court .
L'évolution des niveaux d'études est réelle, mais
nous ne devons pas en rester là..
Pour
que le regard des autres sur la surdité change, nous
avons ensemble à démontrer que la différence n'occulte
pas les capacités , que nos enfants -futurs adultes-
sont autant que les autres aptes à s'épanouir dans
un métier, à participer pleinement à la réalisation
d'un projet de société . Mais l'intégration ne doit
pas fonctionner en sens unique et donc les moyens
d'accompagnement adaptés (techniques, humains) sont
légitimement encore et toujours à revendiquer .
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